Histoire de la Place

Avant d’avoir l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui, la place Raphaël Elizé est passée par une succession de modifications, d’extensions et de baptêmes. Bordée de halles au Moyen Âge, élargie à l’époque moderne, elle voit progressivement s’aménager en son sein la mairie, un bureau de poste et de nombreux cafés et magasins.

Du Moyen Âge au début du XXe siècle

De la place des Halles à la place du Marché aux blés

Au Moyen Âge, la place portait la dénomination de place des Halles. Elle était limitée à la partie basse de la place actuelle, la plus étroite, bordant la Grande Rue. La rue de Forges et la rue d’Erve y débouchaient. En bordure de la Grande rue, étaient construites les halles, abritant un marché couvert et le siège de la justice. Ce fut le centre de la vie sabolienne pendant des siècles.

Devenue trop petite, une nouvelle place fut ouverte dans la partie haute, la place du Marché aux Blés. Les deux places étaient séparées par des bâtiments.

XIXe siècle : Croissance économique et expansion de la place

C’est au XIXe siècle que la ville connait de grandes modifications, sous l’impulsion de la croissance économique, associée à l’exploitation de la chaux, du marbre et de l’anthracite sur le territoire.

Au milieu du XIXe siècle, les deux places furent réunies. Les halles qui avaient été reconstruites en 1772 furent démolies en 1838. Le nivellement et le pavage furent réalisés en 1845. Les rues Carnot, Michel Vielle et Saint Martin donnèrent alors accès à la place. Le cours de l’Erve fut modifié pour gagner l’espace nécessaire à la construction de la nouvelle mairie.

La nouvelle mairie au cœur de la place

Le 29 août 1837, un projet d’édifice abritant la Mairie et la justice de paix1 fut approuvé par ordonnance royale et confié à l’architecte Delarue. C’était un projet ambitieux qui ne se fit pas sans difficultés financières, « un hôtel de ville comme si Sablé allait atteindre une population de 10 000 habitants », remarquait un chroniqueur de l’époque. La construction fut inaugurée le 15 août 1838 lors du Comice (ou le 6 mai 1838, jour de la fête du roi, selon d’autres sources). Des années après, elle deviendra trop petite et annexera les bâtiments voisins.

Le rez-de-chaussée de la mairie faisait office de marché couvert pour remplacer les anciennes halles. Une salle était réservée à la justice de paix. Les services municipaux occupaient l’étage où se trouvait aussi la salle de réunion du conseil. En 1859, le conseil fit l’acquisition d’une nouvelle horloge assurant « l’intérêt public et la sûreté des transactions commerciales ».

En 1873, des travaux de restauration furent entrepris à l’extérieur et l’intérieur de la mairie. La salle du conseil municipal fut agrandie pour accueillir les solennités, les festivités et le théâtre jusqu’en 1960.

En mai 1876, il fut institué « une vente à la criée le vendredi de chaque semaine dans la halle aux blés ». Poissons, charcuterie, viande de boucherie, fruits, légumes, etc, les denrées mises en vente étaient contrôlées par un agent administratif.

En 1906, les extérieurs furent une nouvelle fois réparés et une « défense d’afficher sauf sur deux ou trois panneaux en bois » pour affiches officielles était instituée.

Le service des poids et mesures appelé « poids public » fut transféré des anciennes halles à la nouvelle mairie. Cela entraîna la modification des emplacements de marché et le déplacement du commerce de grains de la partie basse de la place à la partie haute (côté mairie). La partie basse sera alors réservée aux toiles, tissus, viandes, poissons salés et fromages.

Au fil des années, la place fut baptisée place des Halles, place du Marché aux blés, place du Marché aux grains et enfin place de la Mairie.

De la seconde Guerre Mondiale à la libération

Alors que la place portait le nom de Place de la Mairie, la seconde guerre mondiale éclata. En 1941, le conseil municipal adopta à l’unanimité le projet de nommer la place « place du Maréchal Pétain », dernier Maréchal survivant de la première guerre mondiale qui bénéficiait alors d’un immense prestige.

A la libération, le Maréchal est condamné à mort par la Haute Cour en août 1945, puis à la détention perpétuelle par le Général De Gaulle pour avoir laissé déporter sans protester des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants.

Dès sa première séance du 9 août 1944, la délégation municipale mise en place par le Capitaine Christian d’Hervé, investi par le général Koenig, étudie la proposition de Monsieur Pilard de débaptiser la place. Le Président Fernand Lemaire suggère d’attendre la ratification du mandat des conseillers pour prendre la décision. Elle fut prise le 14 août. Plusieurs propositions autres que celles du retour à l’ancien nom furent faites : « place de la Liberté », « place du Général De Gaulle ». Après discussion, la délégation décida de redonner le nom de « place de la Mairie » à la place du Maréchal Pétain. La proposition de Monsieur Pilard de donner la dénomination « place de la Liberté » n’avait recueilli que 4 voix. Les soldats français n’ont pas attendu la décision du conseil pour arracher la plaque au nom du maréchal.

Lors de la séance du 20 août 1945, Georges Mention, maire, a demandé de réfléchir à la manière de rendre honneur aux déportés et aux résistants. C’est lors de la séance du 16 octobre 1945, que le conseil municipal décida à l’unanimité de renommer la place centrale « place Raphaël Elizé », « en signe de reconnaissance des services rendus à la ville de Sablé par Raphaël Elizé, maire déporté, mort pour la France au camp de Buchenwald ».

De l’après-guerre aux années 80

Un siècle après la construction de la mairie, le conseil parlait d’emprunter pour acheter un immeuble dans le but d’y installer la poste et des appartements privés. Ce fut le bâtiment voisin qu’occupa la Poste jusqu’en 1974. Des salles annexes, derrière la mairie, étaient des salles de tri et du standard téléphonique.

Le syndicat d’initiative, le Service municipal de l’Information et du Tourisme à partir de 1967, puis l’Office de tourisme occupèrent les locaux voisins de la mairie.

La place était le centre commercial de la ville avec plusieurs grand magasins et bazars. Lieu de rencontre, de nombreux cafés fleurissaient tout autour de la place. On en comptait 10 avant la première guerre, il en restait encore 7 en 1956.

La quincaillerie Mention a tenu près d’un siècle avant de céder la place au passage St-Martin, et d’aller s’installer dans la zone de la Tuilerie sous une autre enseigne.

Deux grands bazars se sont transformés à des dates différentes en magasins de chaussures.

Le Prisunic qui occupait le coin de la rue Saint Martin a fermé ses portes en 1987. Avec le souci de maintenir un commerce d’alimentation de proximité, la ville acheta le bâtiment et installa au rez-de-chaussée un magasin coopérative « le Mutant ». Celui-ci a brûlé en 1994 et quitté la place pour s’installer sur la route du Mans.

La période contemporaine

L’aménagement de la place telle qu’on la connaît aujourd’hui fut réalisé entre 1986 et 1987 sur un projet de Mrs Pierres et Soulard, architectes à La Flèche et Nantes. Elle était inaugurée le 15 décembre 1988 par François Fillon, Maire de Sablé, en présence de Jacques Chaban-Delmas, ancien premier ministre et président de l’Assemblée nationale, d’Olivier Guichard, président de la Région Pays de la Loire.

« Le Rhin », une statue de l’artiste mayennais à la stature internationale Louis Derbré, a été installée dans le coin de la place lors de cette rénovation.

La nature du sous-sol oblige à une surveillance permanente des bâtiments et à de nombreuses interventions pour maintenir la chaussée en état.

En 1988, la municipalité et l’Etat lancent également une opération pilote d’aide au propriétaires d’immeubles pour la rénovation de façades dans la zone de protection du patrimoine architectural et urbain (ZPPAU) avec une priorité donnée aux immeubles situés rue Carnot, place Raphaël Elizé et Quai National. Ces constructions datent souvent de la fin du XIXe siècle.

L’hôtel de ville subit au cours des siècles de nombreuses améliorations dont, l’une des dernières, l’achat de la « maison Ragot » pour en faire des bureaux et une salle des mariages inaugurée en 2002.

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